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Sectes

Contexte, sens et enjeux

L'Enseignement agricole comme l'Education nationale est plus que jamais l'objet de tentatives d'infiltration répétées de certaines sectes sous couverts d'envoi d'ouvrages visant au prosélytisme et/ou de proposition de stages psycho-pédagogiques aux méthodes prétendument miraculeuses. Nos établissements représentent en fait plusieurs enjeux dont un enjeu économique considérable pour les sectes.

De plus, les adolescents sont à un âge suggestible ce qui en fait des proies de choix. La difficulté est de repérer les sectes car elles avancent masquées. Les établissements scolaires doivent alors faire preuve de beaucoup de vigilance car c?est la liberté intellectuelle, morale, affective et religieuse des élèves qui est menacée.

Pour les établissements, les enjeux sont donc nombreux :
- éviter l'endoctrinement en formant des citoyens éclairés,
- dépister les dérives sectaires,
- veiller à la neutralité des personnels et des intervenants,
- être vigilant face aux tentatives d'infiltration des sectes
- et plus largement développer l'esprit critique, décrypter les médias et lutter contre la théorie du complot.


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Caratéristiques sectes

Différentes conceptions

Détour étymologique
Le terme secte vient du latin sequor « suivre » ; il renvoie à l'ensemble de disciples qui suivent l'interprétation nouvelle en opposition avec la communauté humaine ordinaire. Au sein de la secte elle-même, les adeptes (de adeptus) suivent le maître, c'est-à-dire celui qui détient la vérité. En découlent donc isolement du groupe et obéissance indiscutable au maître ce qui engendre un repli identitaire, contraire à l'idée de laïcité.

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Historiquement
La notion n'est pas nouvelle car dès l'Antiquité, le terme « secte » est entaché d'une connotation péjorative. C'est à partir de 1945 que les sectes soutenues financièrement par les pays anglo-saxons vainqueurs ont commencé à poser problème en France. A partir de 1968, apparaissent des mouvements plus radicaux qui ont conduit à la création d'organisations anti-sectaires comme la Miviludes qui par son poids officiel fait autorité en la matière. Lien vers le site

Sur la base de l'expérience de la Miviludes, qui reçoit quelques 2 000 signalements par an, la dérive sectaire peut être définie comme suit : « Il s'agit d'un dévoiement de la liberté de pensée, d'opinion ou de religion qui porte atteinte à l'ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l'intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en oeuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d'exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d'une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société. »

Un enfant est en danger de risque sectaire lorsque lui sont imposés par un groupe organisé ou un individu isolé, des discours, pressions et des pratiques ayant pour but de créer, maintenir ou exploiter un état de sujétion psychologique ou physique, le privant de tout ou partie de son libre arbitre avec des conséquences dommageables pour lui.

L'UNADFI reprend dix éléments constitutifs du danger sectaire, en distinguant les notions d'indices, qui sont de nature à mettre en garde, mais ne sont pas spécifiques des groupes sectaires, et les critères, qui eux caractérisent ces groupes.

- Les indices :
-Le caractère exorbitant des exigences financières.
-Les troubles à l'ordre public.
-L'importance des démêlés judiciaires.
-L'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels.
-Les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics.
-Le discours clairement antisocial.

- Les critères spécifiques :
-La déstabilisation mentale.
-La rupture induite avec l'environnement d'origine.
-Les atteintes à l'intégrité physique.
-L'embrigadement des enfants. (...)

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Des apparences multiples
Les sectes avancent masquées sous des apparences multiples c'est pourquoi il est difficile de les reconnaître. Il n'existe d'ailleurs par de répertoire officiel des sectes.

Le contexte d'une situation de risque sectaire peut-être :
-soit familial, voire communautaire : l'enfant peut être sous l'emprise de discours, menaçant son éducation
-soit extra-familial : dans un cadre scolaire par le biais d'un éducateur, d'un camarade, d'une association intervenant dans l'établissement scolaire, d'un organisme de soutien scolaire ou au sein d'une famille pendant un séjour à l'étranger.

Quelques_exemples_de_sectes

Le diagnostic d'un risque ou d'un phénomène sectaire se fait en général sur le faisceau d'indices suivant : isolement et désocialisation, atteintes physiques, régime alimentaire carencé, rupture du suivi thérapeutique et privations de soins conventionnels, dés-instruction, changement important du comportement de l'enfant, embrigadement, discours stéréotypés, absence d'expression autonome.

Comment repérer une emprise sectaire?
Les critères du professeur Parquet (Professeur de psychiatrie, membre du conseil d'orientation de la Miviludes) permettent de « faire la démonstration de la singularité et du caractère spécifique rencontré chez les personnes « victimes » d'une organisation à caractère sectaire ».

Cinq doivent être retrouvés pour porter le diagnostic d'emprise mentale :
1. Rupture avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs, des sociabilités individuelles, familiales et collectives.
2. Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure.
3. Acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les suggestions, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs, les doctrines imposés par un tiers ou une institution : ceci conduisant à une délégation générale et permanente à un modèle imposé.
4. Adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne ou à un groupe ou à une institution, ceci conduisant à : Une loyauté exigeante et complète, une obéissance absolue, une crainte et une acceptation des sanctions, une impossibilité de croire possible de revenir à un mode
de vie antérieur, ou de choisir d'autres alternatives étant donné la certitude imposée que le nouveau mode de vie est le seul légitime.
5. Une mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution.
6. Une sensibilité accrue dans le temps, aux idées, aux concepts, aux prescriptions, aux injonctions et ordres, à un « corpus doctrinal », avec éventuellement une mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte.
7. Dépossession des compétences d?une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique.
8. Altération de la liberté de choix.
9. Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l?environnement avec impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement.
10. Induction et réalisation d?actes gravement préjudiciables à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et aux modes de vie habituellement admis dans notre société.

Internet
Les sectes se servent d?internet principalement pour « harponner »de potentiels adeptes via les forums ou les réseaux sociaux. Les personnes en situation de difficulté sont repérées. Démarrent alors des échanges, puis une invitation à une conférence?


Textes de loi relatifs à la question

Respectueux de toutes les croyances et fidèle au principe de laïcité, le législateur s'est toujours refusé à définir les notions de secte et de religion, afin de ne pas heurter les libertés de conscience, d'opinion ou de religion garanties par les textes fondamentaux de notre République. Lien vers le site

Pour autant, tout n'est pas permis au nom de la liberté de conscience ou de la liberté de religion. En effet, l'absence de définition de la secte n'efface pas la réalité de l'existence de victimes de dérives de certains mouvements sectaires. La loi fixe donc des bornes qui sanctionnent les abus de ces libertés, sous le contrôle du juge.
Ainsi, le dispositif juridique français est à la fois pragmatique et textuellement encadré : il vise à la prévention et à la répression, non des sectes en elles-mêmes, mais des dérives sectaires.
Cette notion de dérives sectaires s'est progressivement affinée par référence à des dispositions législatives et réglementaires, et sur la base de jurisprudences établies tant dans la sphère du droit privé que du droit administratif.

AJOUTER comment un élève peut par ailleurs signaler un autre élève (lien à trouver?)



Base documentaire sur ce sujet
-Miviludes observe et analyse le phénomène sectaire, coordonne l'action préventive et répressive des pouvoirs publics à l'encontre des dérives sectaires Ici
-Eduscol : prévention et lutte contre les dérives sectaires Ici
-Le phénomène des sectes de Info sectes Ici
-Clés pour comprendre UNADFI (Union nationale des Associations de défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes) Ici
-Le courrier des maires : 10 conseils pour lutter contre les dérives sectaires. Dans les années 1990, le retentissement médiatique des suicides collectifs illustrait le paroxysme de la nuisance des sectes. Aujourd'hui, les dérives sectaires s?immiscent dans la vie quotidienne des citoyens à travers des activités économiques ou associatives à priori honorables. Ici
-Site Centre contre les manipulations mentales Ici


Ressources et outils pédagogiques

- Vidéo Les Inconnus Ici
- Les sectes qu'en sais-tu ? Ici
- Les sectes et l'école de Bernard Jolibert (IUFM La Réunion) Ici


Lien vers des témoignages

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