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Fait religieux

Aborder le fait religieux à l'école

« La laïcité, c’est la liberté de conscience. Mais c’est aussi des règles qui font que les religions n’ont pas leur place dans l’école. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait un enseignement laïque des religions »
Discours du Président de la République François Hollande, le 21 janvier 2015, suite aux attentats à Paris du 7 au 9 janvier.


La laïcité est un principe juridique et un principe constitutionnel. La loi du 9 décembre 1905 instaure la séparation des Eglises et de l’Etat marquant ainsi l’aboutissement d’un long processus de laïcisation et de sécularisation engagé depuis la Révolution française. En effet, l’imbrication de la sphère religieuse et politique a longtemps été le fondement même de la structure politico-religieuse de la monarchie française (Baptême de Clovis ; le « Roi très chrétien » ; la cérémonie et la symbolique du sacre des rois de France ; le principe de la monarchie absolue de droit divin …). En 1905, le principe juridique de laïcité met ainsi fin à la tutelle religieuse sur l’Etat et conduit à l’établissement d’une société et d’un régime de liberté qui ne remet pas pour autant en cause le pluralisme religieux. L’État se veut désormais neutre et l’ordre politique est désormais fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens. Il n’y a plus de religion légalement consacrée et tous les cultes sont traités de manière égale. La liberté de conscience devient un des principes fondamentaux de la République française, elle repose sur l’article X de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen (1789) : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ».

La loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’État précise que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public » (Art. 1er). « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucune culte (...) [sauf pour] les dépenses relatives à des exercices d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons (...) » (Art 2). Les Églises sont ainsi exclues, en principe, de toute activité politique et administrative. « Il est interdit (...) d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices du culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. (...) » (Art. 27 et 28). Ces dispositions ont été précisées dans la loi de 2004, en ce qui concerne les établissements publics d’enseignement : « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit ».

Depuis 2011, le 9 décembre, jour anniversaire de la promulgation de la loi, est consacré « journée de la laïcité ». journée de la laïcité

En 2013, l'élaboration de la charte de la laïcité participe aussi à la visibilité et à la prise en compte au quotidien des symboles et des valeurs de la République. charte de la laïcité


Les préambules des différentes constitutions républicaines reprennent ce principe fondamental de la liberté de conscience. La laïcité est bien un principe juridique et constitutionnel, elle est une dimension essentielle de la République en ce qu’elle garantit la liberté, l’égalité et la fraternité. L’observatoire de la laïcité affirme à ce sujet que « la laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une. Elle n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public ».

Cependant dans la société actuelle et dans le contexte de pluralité religieuse, c’est l’application de ce principe (et surtout son interprétation) qui est souvent interrogé, discuté et parfois même remis en question. L’école et l’enseignement n’échappent pas à ces questionnements. Il est toutefois utile de rappeler qu’en vertu des lois Ferry de 1881 et 1882, puis de la loi Goblet de 1886, la laïcité fut un principe fondateur de l'école publique avant que celui-ci soit, en 1905, étendu à la République toute entière. Le lien constitutif de la République et de son école s'est ainsi noué autour de la laïcité.

Alors peut-on parler de religions ou de faits religieux à l’école ?

Le principe de laïcité n’interdit pas d’aborder la question des religions à l’école, mais il implique de les aborder dans une démarche scientifique, factuelle, culturelle et non dans une démarche liée à la transmission de la foi ou à la spiritualité. L’enseignement des « faits religieux » permet ainsi de donner des clés de lecture sur des objets scientifiques à travers une source littéraire, picturale, architecturale... Les rites, les textes fondateurs, les coutumes, les symboles, les croyances, les œuvres sont autant de « faits religieux » qui ont eu (et qui ont encore) une influence plus ou moins importante sur les toutes sociétés et dans l’organisation de celles-ci. Ils présentent la diversité des représentations et des visions du monde. Ce sont des éléments de compréhension des sociétés passées, de notre patrimoine culturel et de notre histoire commune.

Dans ce cadre, il convient de discuter avec les apprenants de ce qu’est la liberté religieuse, la manifestation ostentatoire de signes religieux, des principes civiques en jeu, mais aussi de la diversité et de la pluralité des croyances et pratiques religieuses dans la société française contemporaine. Il s'agit donc d’étudier et d’aborder les religions et le fait religieux dans leurs dimensions historiques, culturelles (et non cultuelles !), sociales, philosophiques et civiques. L’objectif est de construire le « vivre ensemble », de partager des valeurs communes et de les faire vivre au quotidien au-delà des différences. Il s’agit bien de « faire communauté » autour des valeurs communes de « liberté, d’égalité et de fraternité ». Ainsi, pour partager ces valeurs, il est impératif de savoir qui est l'autre, de connaître l’autre, de rencontrer l’autre. La dimension éducative est de ce fait indissociable de la dimension historique et culturelle afin de donner à voir les influences multiples de nos identités contemporaines. C’est d’ailleurs ce que dit la devise de l’Union Européenne : In varietate concordia (« unie dans la diversité »).

Ainsi, le fait religieux est un objet d'étude scientifique qui favorise l’ouverture d'esprit et permet l'appropriation des valeurs du vivre ensemble. Il s’agit d’éduquer au respect et à la tolérance par la connaissance et la compréhension. L’enseignement du fait religieux n’est donc, ni un catéchisme, ni une entreprise prosélyte, mais bien une démarche intellectuelle pour une compréhension raisonnée, critique et distanciée du monde d’hier et d’aujourd’hui.

Extrait de la note de service du 2 septembre 2015 : note de service



Base documentaire sur ce sujet
- Enseigner les faits religieux - dix ans après le rapport DEBRAY Ici
- Cahiers pédagogiques HSN n°44-janvier 2017 (CRAP)
- L'association ENQUETE propose des outils ludiques de découverte de la laïcité et du fait religieux Ici
- Cahiers pédagogiques HSN n°44-janvier 2017 (CRAP) Ici - Hélène Bussiène
- Enseignement laïque des faits religieux (MEN) Ici
- Approche sociologique des faits religieux Ici
- Sitographie du réseau Canopé : Ici



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